A partir des années 1880/1900, l'électricité commence à pénétrer dans les foyers de la bourgeoisie industrielle.
Des jeux (très chers) sont proposés pour initier les enfants à cette science nouvelle.
Des boites de construction permettent de faire des "expériences électriques instructives et amusantes" à partir d'une pile et d'une bobine de Ruhmkorff.
La Société Le Jouet Scientifique Moderne de LYON-VILLEURBANNE proposait, dans les années 1950, des répliques fidèles de machines réelles, qui permettaient de construire une mini-usine avec des machines-outils actionnées par le courant produit dans une centrale miniature actionnée par une vraie machine à vapeur modèle réduit !.

Il est aussi possible de s'initier à la galvanoplastie, de jouer au Riboulding électrique ancêtre du flipper ou de monter un télégraphe Morse.
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Les premiers jouets vendus étaient de véritables reproduction en miniature d'appareils scientifiques. Il n'y a pas encore de matières plastiques bien sûr. Les jeux sont faits de belles pièces d'acajou, de visserie en laiton et de verrerie. La photo ci-contre montre un moteur porte-tube de Geissler . Le tube (longueur environ 20 cm) était monté sur la tige conductrice à laquelle étaient raccordées les électrodes du tube. Il était mis en mouvement tout en s'illuminant. La rotation produisait de belles images colorées qui fascinaient petits et grands. |
Ces objets sont aujourd'hui la convoitise des collectionneurs et atteignent à la revente des prix astronomiques.
Voici l'ensemble des composants que l'on pouvait trouver dans l'une de ces boites de construction :


Ces composants permettaient de reproduire des expériences de physique électriques très sérieuses et d'initier les jeunes enfants à cette nouvelle science.
Des livres très documentés ainsi que des modes d'emploi très détaillés complétaient la panoplie des matériels disponibles dans des magasins spécialisés.
Certes d'abord réservés à une clientèle aisée, ces jouets se sont démocratisés dans les années 30 à 50 et ont joué sans doute une rôle déterminant dans l'engouement du public pour les applications de l'électricité et de la TSF.

![]() Télégraphe Electrique Intérieur de la boite |
![]() Télégraphe Electrique Détail du récepteur |
A la même époque apparaissent aussi les premières revues de vulgarisation scientifiques à destination de la jeunesse.
On pouvait trouver ainsi des planches techniques qui expliquaient le fonctionnement des appareils de télégraphie sans fil de première génération.
En soulevant de petits découpages collés, le jeune télégraphiste découvrait la structure interne de la bobine de Ruhmkorff ou du cohéreur de Branly.
Des pages explicatives très bien décorées, une iconographie de qualité à une époque ou l'on imaginait même pas qu'un jour Internet serait inventé !

Vers 1922, la célèbre marque MECCANO, connue pour sa spécialisation dans les jeux de construction mécanique pour les Eiffel en herbe, proposait des boites d'accessoires électriques qui permettait de construire des lampes, des électro-aimants, des bobines d'induction, des manipulateurs Morse et bien d'autres appareillages du domaine de l'électromagnétisme.
Cette ouverture de gamme de produit, est à l'image de l'impact que pouvait avoir à cette époque le développement des sciences nouvelles liées à l'électricité sur le public, au niveau non seulement français, mais aussi international.
![]() Boite MECCANO (1922) Accessoires électriques |
![]() Boite MECCANO (1922) Notice de montages |
MECCANO continua plus tard à fabriquer des boites spécifiques pour des montages électriques.
Voici un exemple de production dans les années 1950.
![]() Boite MECCANO ELEC (1950) Couvercle de la boite N° 1 |
![]() Boite MECCANO ELEC (1950) Détail des pièces contenues dans la boite N° 1 |
Dès 1923, il est possible d'acheter des ensembles d'initiation à la TSF, telle les boites proposées par la firme RADIO-CONSTRUCTOR. Chaque boite contient tout le matériel nécessaire pour monter soi-même des applications de plus en plus complexes, allant du simple poste à galène (boite N° 0) au poste 6 lampes hétérodyne (boite N° 6). Si les premières boites peuvent être considérées comme des jouets scientifiques, les boites suivantes sont de véritables kit de montage pour adulte et technicien averti.
"Le Radio-Constructor n'est pas un jouet et cependant il s'adresse au jeune débrouillard qui n'a que de vagues notions de TSF ..." disait la notice publicitaire.
A partir de 1929, la Société KOSMOS, basée à Stuttgart en Allemagne et spécialisée dans la réalisation de jeux de société et de jeux scientifiques, produit le KOSMOS ELEKTROTECHNIK en version allemande mais aussi française.
Après la deuxième guerre mondiale, vers 1950, les Editions FRANCKH, toujours à Stuttgart en Allemagne produiront une série de jeux "scientifiques" dont le ELECTRO-GNOME en version allemande puis en version française.
En 1959 et 1960, JOUEF commercialisera le jeu TRANS TRONIC qui permettra à de nombreux jeunes de s'initier aux techniques à transistors. D'autres fabricants, tels PHILIPS, GEGE, PIZON BROS et DIRECTA-RADIO fabriqueront aussi des jeux "scientifiques" d'un grand intérêt pédagogique.
Tous ces jouets fonctionnaient avec des piles électriques bien sûr. Si les plus anciens utilisaient des piles de type Grenet, dès les années 1920, la pile "sèche" Leclanché est d'un emploi quasi généralisé. Dans les années 1960, La firme proposera un jeu permettant de construire une vrai pile de type "lampe de poche", à partir d'éléments discrets. Un jeu instructif pour comprendre le fonctionnement de la pile LECLANCHE.

Sources :
Merci à Jean-Louis Belier pour les belles images du télégraphe.